Steve Nash, le capitaine des Suns de Phoenix, a été élu pour la deuxième année consécutive meilleur joueur de la NBA. Ce trophée récompense le meilleur passeur de la meilleure attaque de la saison régulière. Au classement, le Canadien devance LeBron James et Dirk Nowitzki. Et de deux ! Le moins qu'on puisse dire, c'est que Steve Nash n'a pas volé ce deuxième titre de Most Valuable Player (MVP). Indispensable à une équipe orpheline tout au long de la saison de son meilleur marqueur, Amaré Stoudemire, Steve Nash n'a certainement pas démérité par rapport à la saison dernière. Phoenix a certes remporté 8 victoires de moins que l'an dernier, mais le Canadien représente un esprit offensif qui se perd. Au contraire des deux ogres défensifs que sont San Antonio et Detroit, les Suns offrent depuis deux saisons un basket d'attaque, rapide, alerte, spectaculaire et tellement plus médiatique. Cette récompense est donc pour la NBA une manière d'encourager le basket offensif, fait de scores supérieurs à 100 points comme aux plus belles heures des années 80. Les mauvaises langues diront que les audiences télé sont en baisse depuis quelques années et que la NBA, à la manière de la LFP avec Canal Plus en football, cherche à avoir des matches avec plus de points.
Toujours le meilleur passeur Si les mauvaises langues n'ont peut-être pas complètement tort, il faut admettre que Steve Nash mérite largement ce trophée. Il est au moins aussi fort que l'an dernier et évolue dans une équipe plutôt plus faible d'où il a su faire émerger de nouveaux talents comme Raja Bell, Léandro Barbosa ou bien sûr Boris Diaw. Privé de trois de ses quatre meilleurs marqueurs de l'an dernier (Stoudemire blessé, Johnson parti à Atlanta, Richardson échangé à New York), Phoenix continue pourtant d'être largement la meilleure attaque de la NBA avec plus de 108 points inscrits par rencontre. Le talent de Nash, auteur de plus de 10 passes décisives par match, n'y est pas étranger. Les esprits chagrins diront que John Stockton a passé toute sa carrière avec une moyenne de passe supérieure sans jamais être un candidat crédible au titre de MVP... Nash n'y est pour rien et il a la chance de ne pas avoir Jordan ou Magic dans sa génération, tant mieux pour lui et tant pis pour Stockton. Ce n'est pas parce que la NBA l'a parfois oublié qu'elle doit en faire autant avec Nash, son digne successeur.
Une adresse record Car le Canadien n'est pas qu'un passeur. Le président des Suns, Jerry Colangelo l'explique très bien sur le site officiel du club : «Steve est l'un des rares joueurs à rendre ses coéquipiers plus forts.» Et son adresse est tout aussi exceptionnelle. Steve Nash est ainsi le 4e joueur de l'histoire de la NBA à cumuler plus de 50% de réussite au tir, 40% à 3 points et 90% au lancer franc sur une saison ! Les trois premiers étaient Reggie Miller, Larry Bird et Mark Price. Rien de moins. Il a de plus amélioré sa moyenne de points de 3 unités à presque 19 points. Bref, la victoire de Nash est belle et méritée, même si d'autres joueurs avaient raison d'y croire. Sur le site des Suns, le numéro 13 de Phoenix se la joue d'ailleurs modeste : «Je dois me pincer pour y croire ! J'avais déjà eu du mal à y croire l'année dernière, mais alors cette année, j'ai encore plus de mal.»
Trop de concurrence tue la concurrence On s'attendait en effet un vote très serré, mais il n'en a rien été. Nash a largement remporté ce titre recueillant 123 votes des 125 membres du jury, dont 57 premières places. L'ancien joueur de Santa Clara a sans doute bénéficié d'une très forte concurrence qui a divisé les voix du jury entre des candidats de valeur à peu près égal. Car LeBron James, Kobe Bryant, Dirk Nowitzki et Chauncey Billups auraient parfaitement pu s'imposer dans cette course sans que l'on ait à crier au scandale. Mais les concurrents de Nash étaient trop nombreux pour l'inquiéter réellement. Bryant est le premier joueur depuis 1988 à aligner 35 points de moyenne. Le meilleur marqueur de l'époque s'appelait Michael Jordan et il avait, lui, fini MVP. A la charge de Bryant, Jordan avait un pourcentage au tir nettement supérieur (53% contre 44%) et les Bulls avaient fini la saison avec 5 victoires de plus que les Lakers cette année. LeBron James termine deuxième et il a prouvé cette saison qu'il était bien La super star qu'on nous annonce depuis quelques années. S'il continue sur son rythme actuel, King James ne devrait pas avoir beaucoup de rivaux pour le titre de MVP lors des prochaines saisons. Billups peut, lui aussi, avoir des regrets car il a fait sans doute la meilleure saison de sa carrière. Déjà MVP de la finale en 2004, le meneur de Detroit paye sans doute le fait d'évoluer dans une équipe qui possède à l'heure actuelle le tout meilleur cinq majeurs de la NBA. Difficile donc de ressortir un joueur du collectif quasi parfait des Pistons. Reste le cas Nowitzki, leader infatigable et très régulier des Mavs. Depuis le départ de Nash à Phoenix et de Finley à San Antonio, Nowitzki est devenu l'unique leader d'une équipe de Dallas qui se pose comme le principal rival des Spurs à l'Ouest. Solide dans tous les domaines, il a sans doute manqué à l'Allemand quelques performances spectaculaires pour médiatiser un peu plus sa saison. Il n'en reste pas moins une référence au sein de la NBA, dans la lignée des Garnett et autres Duncan.
Une fin de carrière dorée ? A 32, Steve Nash dispose encore de trois années de contrat avec Phoenix. On imagine mal les Suns se séparer d'un tel joueur même si la question de sa succession va commencer à se poser. C'est d'ailleurs un problème récurrent avec le Canadien. Drafté par Phoenix en 1996 en 15e position, le numéro 13 des Suns, avait lui-même demandé son transfert à Dallas car il était barré pour le poste de titulaire par Kevin Johnson et Jason Kidd. Phoenix a eu l'honnêteté de reconnaître son erreur en lui offrant il y a deux ans un contrat de 65 millions de dollars sur cinq ans. A l'époque âgé de 30 ans, Nash avait vu le petit monde de la NBA crier à la folie et à la démesure. Sa réponse aura été assez éloquente. Et vu l'inflation salariale pratiquée depuis, Phoenix a même fait une bonne affaire...
Prochain match contre les Clippers Toujours en course en Play-offs, les Suns vont poursuivre leur route contre l'autre équipe de Los Angeles, les Clippers, mais toujours au Staples Centrer qu'ils commencent à bien connaître. Les coéquipiers de Boris Diaw tenteront de ménager leur capitaine qui s'est blessé à la cheville lors du Game 7 contre les Lakers. Un réveil de Shawn Marion, en sous-régime notable depuis le début des Play-offs, serait le bienvenue. Car Phoenix, qui accumule les récompenses individuelles depuis deux ans (cinq sur quatorze possibles !), ne souhaite en fait qu'une seule chose : le titre !
Les dix derniers lauréats 2006 Steve Nash, Phoenix Suns
2005 Steve Nash, Phoenix Suns
2004 Kevin Garnett, Minnesota Wolves
2003 Tim Duncan, San Antonio Spurs
2002 Tim Duncan, San Antonio Spurs
2001 Allen Iverson, Philadelphia Sixers
2000 Shaquille O'Neal, Los Angeles Lakers
1999 Karl Malone, Utah Jazz
1998 Michael Jordan, Chicago Bulls
1997 Karl Malone, Utah Jazz
Le classement 2006 Steve Nash, Phoenix Suns (924 points)
LeBron James, Cleveland Cavalier (688 points)
Dirk Nowitzki, Dallas Mavericks (544 points)
Kobe Bryant, Los Angeles Lakers (483 points)
Chauncey Billups, Detroit Pistons (430 points)
Elton Brand, Los Angeles Clippers (50 points)
Le jury était composé d'un panel de 125 journalistes. Chaque membre devant donner un quinté dont le premier recevait 10 points, le deuxième 7, le troisième 5, le quatrième 3 et le cinquième 1. Seuls les joueurs recevant au moins un vote à la première place figure sur ce classement. Tony Parker a reçu 9 points en cumulant une 3e place et quatre 5es places.
source :
sport24.com
photo : nba.com